Smartphone, QR code, combiné téléphonique et hameçon : les canaux de l'hameçonnage

Les 10 types d’hameçonnage : smishing, vishing, quishing, whaling

⏱ L’essentiel en 30 secondes

  • Chaque technique d’hameçonnage porte un nom précis, formé sur le canal utilisé : SMS → smishing, appel vocal → vishing, QR code → quishing, cible haut placée → whaling.
  • Vous cherchez le nom exact d’une technique (exercice PIX, quiz de sensibilisation) ? Le tableau de correspondance plus bas donne la réponse en une ligne.
  • En entreprise, trois techniques concentrent l’essentiel des pertes : le spear phishing, le whaling et le smishing. Un diagnostic offert vous dit lesquelles vous exposent réellement.

« Hameçonnage » est un mot-valise. Derrière, une dizaine de techniques distinctes, qui se différencient par le canal employé, la cible visée et le degré de personnalisation. Savoir les nommer n’est pas un exercice de vocabulaire gratuit : c’est ce qui permet de dire précisément ce qui vous est arrivé à votre banque, à votre assureur ou à un service de police — et, en entreprise, de savoir quelle défense déployer contre quoi.

Le tableau de correspondance : comment s’appelle chaque technique

Repérez le canal ou le mode opératoire dans la colonne de gauche : le nom exact de la technique est en face.

Le message arrive par… Nom de la technique Terme français Cible typique
Un e-mail envoyé en masse Phishing Hameçonnage Tout le monde
Un e-mail personnalisé, qui vous connaît Spear phishing Harponnage Un salarié identifié
Un e-mail visant un dirigeant ou un DAF Whaling Chasse à la baleine Direction, comptabilité
Un SMS Smishing Hameçonnage par SMS Particuliers, salariés
Un appel téléphonique Vishing Hameçonnage vocal Particuliers, comptabilité
Un QR code (affiche, facture, parcmètre) Quishing Hameçonnage par QR code Tout le monde
Un site copié à l’identique, sans message Pharming Dévoiement Clients d’une marque
Un vrai message légitime, renvoyé modifié Clone phishing Hameçonnage par clonage Correspondants habituels
Un faux compte de support sur les réseaux sociaux Angler phishing Hameçonnage social Clients mécontents
Une voix ou une visio imitée par IA Deepfake phishing Hameçonnage par hypertrucage Direction, trésorerie

💡 La règle de formation des mots : presque tous ces termes sont construits sur fishing (« pêche ») auquel on accole l’initiale du canal — SMS + ishing = smishing, voice + ishing = vishing, QR + ishing = quishing. Une fois la logique repérée, les noms se retrouvent seuls. Pour l’origine du mot lui-même, voir notre glossaire de l’hameçonnage.

Vos équipes savent-elles les reconnaître ?
Le diagnostic teste votre exposition réelle à ces techniques.

Diagnostic offert

Infographie des 10 types d'hameçonnage : phishing, smishing, vishing, quishing, whaling

Les 10 techniques en détail

1. Le phishing de masse

La forme historique : un e-mail identique envoyé à des dizaines de milliers d’adresses, usurpant une marque connue — banque, impôts, opérateur, service de livraison. Le taux de réussite unitaire est faible, le volume compense. Signes distinctifs : formule d’appel générique, urgence artificielle, lien vers un domaine approchant. C’est la seule technique où l’orthographe reste un indice fiable.

2. Le spear phishing (harponnage)

Le message est écrit pour vous : votre prénom, votre fonction, le nom de votre supérieur, un dossier en cours. Les informations proviennent de LinkedIn, du site de l’entreprise ou d’une fuite antérieure. Aucune faute, aucun signal grossier. C’est la technique qui ouvre la majorité des intrusions en entreprise, parce qu’elle survit aux filtres et à la vigilance ordinaire.

3. Le whaling (chasse à la baleine)

Du spear phishing dont la cible est un dirigeant, un DAF ou un responsable comptable — quelqu’un qui peut ordonner un virement seul. En France, sa déclinaison la plus coûteuse est l’arnaque au président, qui se joue souvent en fin de semaine ou en période de congés, quand la double validation saute.

4. Le smishing (SMS)

Faux SMS de colis, d’amende, de compte CPF ou de banque. Le canal est redoutable : pas de survol de lien possible, notifications lues en quelques secondes, et les SMS frauduleux peuvent s’insérer dans le fil de conversation officiel de votre banque. Détail complet dans notre page hameçonnage par SMS.

5. Le vishing (voix)

Un appel, souvent depuis un numéro affiché comme celui de votre banque — l’affichage est falsifiable, c’est le spoofing téléphonique. L’interlocuteur connaît vos dernières opérations et vous demande de « sécuriser » votre compte. La pression temporelle est la signature de la technique : un conseiller réel accepte toujours que vous rappeliez.

6. Le quishing (QR code)

Un QR code frauduleux collé sur un parcmètre, une borne de recharge, une affiche, ou glissé dans un PDF de facture. Il échappe aux filtres antispam, qui n’analysent pas les images, et l’URL n’est visible qu’après le scan. En entreprise, la variante la plus efficace est le faux QR code de connexion à un service interne.

7. Le pharming (dévoiement)

Ici, aucun message : la victime tape elle-même la bonne adresse mais atterrit sur une copie, à cause d’une corruption DNS ou d’un poste compromis. Plus rare et plus technique, mais quasi indétectable pour l’utilisateur — d’où l’importance du cadenas et du nom exact du domaine dans la barre d’adresse.

8. Le clone phishing

L’attaquant reprend un vrai message que vous avez déjà reçu, remplace la pièce jointe ou le lien, et le renvoie en « rappel » ou « version corrigée ». Comme le fil de discussion est authentique, la vigilance tombe. Fréquent après une compromission de boîte mail chez un fournisseur.

9. L’angler phishing (réseaux sociaux)

Vous vous plaignez publiquement d’une marque ; un faux compte « support » vous répond en message privé et vous demande vos identifiants pour « traiter le dossier ». La technique exploite le fait qu’un client mécontent baisse sa garde dès qu’on lui propose une solution rapide.

10. Le deepfake phishing

La voix d’un dirigeant clonée à partir de quelques secondes d’enregistrement public, parfois une visioconférence entière avec des participants synthétiques. C’est aujourd’hui la variante la plus difficile à contrer par la vigilance humaine — seule une procédure de rappel sur un numéro connu résiste. Notre analyse : phishing, IA et deepfake vocal.

Personne hésitant avant de cliquer sur un lien reçu sur son smartphone

Quels signaux d’alerte selon le canal

Les réflexes utiles ne sont pas les mêmes d’un canal à l’autre. Ce tableau donne le contrôle qui fonctionne réellement pour chaque technique.

Canal Signal d’alerte le plus fiable Le bon réflexe
E-mail Le domaine réel derrière le lien, et l’adresse d’expédition complète Survoler le lien sans cliquer, déplier l’expéditeur
SMS Un lien raccourci ou un domaine qui n’est pas celui de la marque Ne jamais cliquer, ouvrir l’application officielle
Appel L’urgence et la demande de code reçu par SMS Raccrocher et rappeler le numéro figurant au dos de la carte
QR code Un autocollant apposé par-dessus le support d’origine Lire l’URL affichée avant validation, préférer la saisie manuelle
Réseaux sociaux Un compte support sans certification qui écrit en premier Passer par le site officiel, jamais par le message privé
Visio / voix Une demande de paiement sortant du circuit habituel Rappeler sur un numéro connu, appliquer la double validation

Reconnaissez-vous la technique ? Le test en 6 questions

Chaque situation correspond à une technique précise. Cochez celles que vous sauriez nommer sans hésiter.

🎣 Sauriez-vous nommer la technique ? Cochez les situations dont vous connaissez le nom exact






En entreprise : les trois techniques qui coûtent le plus cher

N°1le phishing, 1re cybermenace visant les entreprises
48 %des victimes de rançongiciel en France sont des TPE, PME et ETI
420 000+demandes d’assistance recensées en un an

Sources : ANSSI, Panorama de la cybermenace 2025 · Cybermalveillance.gouv.fr, rapport d’activité 2024.

Sur les dix techniques listées, trois concentrent l’essentiel des pertes en PME. Le spear phishing, parce qu’il sert de porte d’entrée à la quasi-totalité des intrusions et des rançongiciels. Le whaling, parce qu’un seul virement frauduleux dépasse souvent le budget sécurité annuel. Le smishing, parce que le smartphone échappe aux protections du réseau d’entreprise.

Deux mesures couvrent les trois : une procédure de double validation des paiements qui ne dépend jamais d’un seul canal, et une sensibilisation régulière des équipes qui met en scène ces techniques plutôt que d’énoncer des règles abstraites.

Vous avez reçu un message frauduleux ? Signalez-le : c’est rapide et ça protège les suivants. Notre mode d’emploi : signaler un phishing. Si vous avez déjà cliqué ou saisi des données, suivez d’abord les gestes d’urgence détaillés dans notre guide phishing et hameçonnage.

Quelles techniques visent réellement votre entreprise ?

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Questions fréquentes sur les types d’hameçonnage

Comment appelle-t-on l’hameçonnage par SMS ?
On parle de smishing, contraction de « SMS » et de « phishing ». Le terme français recommandé est « hameçonnage par SMS ». C’est la même mécanique que le phishing classique, transposée sur un canal où l’on ne peut pas survoler un lien avant de cliquer.
Comment appelle-t-on l’hameçonnage par téléphone ?
C’est le vishing, pour « voice phishing » — hameçonnage vocal. Il s’accompagne très souvent d’une usurpation du numéro affiché, appelée spoofing téléphonique, qui fait apparaître le numéro réel de votre banque sur votre écran.
Quelle différence entre phishing et spear phishing ?
Le phishing est envoyé en masse, à l’identique, sans connaissance de la cible. Le spear phishing vise une personne précise avec des informations qui la concernent : son nom, sa fonction, un dossier en cours. Le premier se repère à ses maladresses ; le second, presque jamais — d’où l’importance des procédures plutôt que de la seule vigilance.
Qu’est-ce que le quishing ?
L’hameçonnage par QR code. L’attaquant remplace ou appose un QR code frauduleux sur un support physique — parcmètre, borne, affiche — ou l’insère dans un document. L’intérêt pour lui : les filtres antispam n’analysent pas le contenu des images, et la destination reste invisible jusqu’au scan.
Combien de types d’hameçonnage existe-t-il ?
Il n’existe pas de liste officielle fermée : les techniques se nomment d’après le canal, et de nouveaux canaux apparaissent régulièrement. Les dix recensées sur cette page couvrent la quasi-totalité des cas rencontrés en France en 2026. Les plus récentes exploitent l’IA générative pour cloner une voix ou un visage.
Quelle technique vise le plus les entreprises ?
Le spear phishing, très largement : c’est le point de départ de la majorité des intrusions et des déploiements de rançongiciels. En montant financier unitaire, c’est en revanche le whaling — l’arnaque au président — qui coûte le plus cher, avec des virements frauduleux se comptant régulièrement en dizaines de milliers d’euros.

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