Consultant expliquant les six bases légales du RGPD à un dirigeant de PME

Article 6 du RGPD : les 6 bases légales expliquées (2026)

L’article 6 du RGPD fixe les 6 bases légales qui autorisent un traitement de données personnelles : le consentement, l’exécution d’un contrat, l’obligation légale, la sauvegarde des intérêts vitaux, la mission d’intérêt public et l’intérêt légitime. Sans l’une de ces 6 bases, un traitement est illégal, même avec une mention d’information parfaite. La question n’est donc jamais « ai-je prévenu les gens ? » mais « sur quelle base légale je m’appuie ? ».

⏱ L’essentiel en 30 secondes

  • 6 bases légales possibles, une seule suffit, mais il en faut au moins une.
  • Le consentement n’est pas la base par défaut : la paie de vos salariés repose sur l’obligation légale, pas sur leur accord.
  • L’intérêt légitime n’est pas un joker : il exige une mise en balance documentée avec les droits des personnes.
  • Utilisez le sélecteur ci-dessous pour identifier la base légale adaptée à votre traitement en 30 secondes.

Les 6 bases légales de l’article 6 du RGPD, en clair

Chacune des 6 bases légales correspond à une situation type. Voici les cartes de référence, avec un exemple concret pour chacune.

1. Le consentement

La personne a donné son accord libre, spécifique, éclairé et univoque pour un traitement précis. Elle doit pouvoir le retirer aussi facilement qu’elle l’a donné.

Exemple : inscription à une newsletter marketing.

2. L’exécution d’un contrat

Le traitement est nécessaire à l’exécution d’un contrat auquel la personne est partie, ou à des mesures précontractuelles prises à sa demande.

Exemple : livrer une commande passée en ligne.

3. L’obligation légale

Le traitement est imposé par un texte de loi ou un règlement auquel le responsable de traitement est soumis.

Exemple : conserver les bulletins de paie, déclarer les salaires à l’URSSAF.

4. La sauvegarde des intérêts vitaux

Le traitement est nécessaire pour protéger la vie de la personne concernée ou d’une autre personne physique.

Exemple : transmettre le dossier médical d’un patient inconscient aux urgences.

5. La mission d’intérêt public

Le traitement est nécessaire à l’exécution d’une mission d’intérêt public ou relevant de l’exercice de l’autorité publique.

Exemple : une commune qui gère l’état civil ou l’inscription scolaire.

6. L’intérêt légitime

Le traitement sert un intérêt légitime du responsable de traitement ou d’un tiers, à condition qu’il ne porte pas une atteinte disproportionnée aux droits des personnes.

Exemple : la prospection auprès de clients existants pour des produits similaires, la vidéosurveillance proportionnée d’un local commercial.

Texte officiel — Article 6.1 du RGPD : « Le traitement n’est licite que si, et dans la mesure où, au moins une des conditions suivantes est remplie : a) la personne concernée a consenti… ; b) le traitement est nécessaire à l’exécution d’un contrat… ; c) le traitement est nécessaire au respect d’une obligation légale… ; d) le traitement est nécessaire à la sauvegarde des intérêts vitaux… ; e) le traitement est nécessaire à l’exécution d’une mission d’intérêt public… ; f) le traitement est nécessaire aux fins des intérêts légitimes poursuivis par le responsable du traitement ou par un tiers, à moins que ne prévalent les intérêts ou les libertés et droits fondamentaux de la personne concernée. »

Quelle base légale pour mon traitement ? Le sélecteur interactif

🧭 Quelle base légale pour mon traitement ? 4 questions · résultat immédiat · aucune donnée envoyée

1. Le traitement est-il nécessaire pour exécuter un contrat avec la personne (vente, livraison, emploi) ?


2. Une loi ou un règlement vous oblige-t-il explicitement à faire ce traitement ?


3. Le traitement sert-il un intérêt public ou est-il mené par un organisme public dans ses missions ?


4. Pouvez-vous justifier un intérêt légitime clair (sécurité, prospection à clients existants, lutte anti-fraude) sans porter une atteinte disproportionnée aux personnes ?



Ce sélecteur est un premier repère pédagogique. Le choix final de la base légale reste sous votre responsabilité et doit être documenté dans votre registre des traitements — un diagnostic permet de le sécuriser.

Tableau comparatif des 6 bases légales avec exemples concrets

Base légale Ce qu’elle exige Exemple typique Piège fréquent
Consentement Libre, spécifique, éclairé, révocable facilement Newsletter marketing, cookies non essentiels Case pré-cochée = consentement invalide
Exécution d’un contrat Traitement objectivement nécessaire au contrat Livraison d’une commande, gestion de paie Ne couvre pas les traitements « annexes » (marketing ciblé)
Obligation légale Texte de loi précis qui impose le traitement Déclaration URSSAF, conservation comptable 10 ans Confondre « c’est utile » avec « c’est obligatoire »
Intérêts vitaux Urgence vitale, personne souvent hors d’état de consentir Transmission de données médicales en urgence Base quasi jamais utilisée hors secteur santé/secours
Mission d’intérêt public Texte fondant la mission d’un organisme public Inscription scolaire, état civil, sécurité sociale Réservée aux acteurs publics ou mandatés, pas aux entreprises privées
Intérêt légitime Mise en balance documentée avec les droits des personnes + droit d’opposition Prospection à des clients existants, vidéosurveillance proportionnée, lutte anti-fraude L’utiliser « par défaut » sans analyse écrite (test de mise en balance)

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Les erreurs fréquentes sur les bases légales

⚠ « L’intérêt légitime n’est pas un joker ». C’est la base légale la plus mal utilisée : beaucoup d’entreprises l’invoquent par défaut sans réaliser le test de mise en balance (bilan des intérêts) exigé, ni informer les personnes de leur droit d’opposition. La CNIL sanctionne régulièrement ce réflexe, en particulier en matière de prospection commerciale : en 2025, 10 décisions de sanction ont visé des pratiques de prospection commerciale ou politique non conformes.

À lire en complément : l’article 9 du RGPD et les données sensibles, qui s’ajoute à la base légale de l’article 6 dès que santé, biométrie ou opinions entrent en jeu.

FAQ — Vos questions sur l’article 6 du RGPD

Peut-on changer de base légale en cours de traitement ?
Oui, à condition que le changement soit justifié et documenté, et que les personnes concernées en soient informées si cela modifie leurs droits. On ne peut pas, en revanche, invoquer rétroactivement le consentement pour couvrir un traitement déjà réalisé sur une autre base devenue caduque. Voir aussi le guide complet de conformité RGPD pour les PME.
Le consentement est-il obligatoire pour les cookies ?
Oui pour les cookies non essentiels (mesure d’audience non exemptée, publicité, réseaux sociaux) : la base légale est le consentement, recueilli via un bandeau conforme. Les cookies strictement nécessaires au fonctionnement du site n’exigent pas de consentement mais doivent être justifiés.
L’intérêt légitime permet-il de faire de la prospection commerciale ?
Cela reste possible envers des clients existants, pour des produits ou services similaires, à condition d’offrir un droit d’opposition simple à chaque envoi. Envers des prospects qui ne sont pas déjà clients, le consentement préalable est en principe requis pour la prospection électronique.
Que risque une entreprise qui se trompe de base légale ?
Le traitement devient illicite au sens de l’article 5.1.a du RGPD, ce qui expose à une sanction de la CNIL pouvant atteindre 20 millions d’euros ou 4 % du chiffre d’affaires mondial pour les manquements les plus graves. C’est aussi un motif fréquent de mise en demeure avant toute amende.

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